samedi 28 novembre 2009

Un peu d'histoire

ORIGINE DES STEREOTYPES ESPAGNOLS A PROPOS DES FRANÇAIS

Les origines des stéréotypes espagnols sur les Français sont surtout historiques. En voilà quelques-unes:

Napoléon représente donc pour les Espagnols de tous bords une espèce d'archétype du criminel de guerre, qui a envahi l’Espagne.
Pour certains, les "gabachos " (les Français) étaient des ennemis de Dieu, c'est-à-dire de la religion catholique et du roi Ferdinand VII.
Les libéraux espagnols appelés « afrancesados » ont dû émigrer.
Le discours franquiste oppose de la même façon une "essence" espagnole, celle d'un pays catholique, monarchique et conservateur, le digne héritier de la Reconquête, du Cid et des rois catholiques, et une invention étrangère, lisez française, la démocratie : pendant la guerre civile les ouvrages de Rousseau, Diderot ou Voltaire étaient interdites.

La France a été longtemps considérée un pays frontalier soutenant objectivement le terro­risme de l'ETA, étant accusée de servir de base logistique aux bandes armées qui semaient la terreur de l'autre côté des Pyrénées.

On se souvient encore de l'opposition française à l'entrée de l'Espagne dans le Marché Commun.

Pourquoi on les a considérés ?:

Effeminés : parce que Philippe V, le petit-fils de Louis XIV, a regné à Madrid depuis 1700, il n'est pas venu seul, c'est tout un mode de vie qui l'a accompagné et qui a trans­formé d'abord la vieille aristocratie espagnole : raffinement, vêtements (les dentelles contrastaient avec les austères tenues noires espagnoles d'autrefois), la cuisine française a envahi aussi les maisons de noblesse, puis c'est la bourgeoisie qui s’est laissée gagner ainsi que les classes populaires.

Arrogants : 1898 a été une date clé de l'histoire de l'Espagne : la perte des dernières colonies, Cuba, les Philippines et Porto Rico (finie la grandeur espagnole). L’Espagne est restée à l'écart de la révolution industrielle, le système politique a sombré peu à peu dans l'anarchie, l'ancienne puissance militaire n'existait plus.
Après la guerre civile espagnole, est venu le temps de l'isolement ; l'Espagne, exsangue à la fin de la guerre civile, a tardé une quinzaine d'années à retrouver un niveau de développement comparable à celui d'avant-guerre.
1960 a été la date de l’emmigration espagnole en France. Cette nouvelle situation a engendré beaucoup de reproches : » les Français nous méprisent, ils nous traitent comme des domestiques, ils nous imposent leur forme de vie (clients ou patrons) ». Et tout ça face à la fierté espagnole.

Ils ne nous connaissent pas : les écrivains qui ont voyagé en Espagne au XIXe siècle décrivaient Irun comme une ville andalouse. Ils avaient des stéréotypes (voire des préjugés) qu’ils n’ont pas changé tout au long de leurs voyages.

Dépravés : avec l’arrivée des nouvelles moeurs avec le Borbon, Philippe V, il y a eu un choc des comportement féminins face à la morale austère et catholique (surtout en ce qui concernait le sexe). Le franquisme a caractérisée la France comme libertine et les Espagnols ont été attirés par cette image : « apparaît le succès des "excursions" à Perpignan ou à Bayonne - qui feront la fortune des propriétaires de salles de cinéma spécialisées dans la projection de films pornographiques ».

Source : adaptation de l’article publié par Edouard JIMENEZ dans SIETAR France Intercultures n°22
Enregistrer un commentaire