lundi 20 mars 2017

Le calvaire des frais universitaires en Espagne

Face à la précarisation de l'emploi de plus en plus forte, faire des études est aujourd'hui devenu primordial pour espérer décrocher un travail capable de subvenir à nos besoins et à ceux de notre famille. Toutefois, les frais universitaires ne cessent de croître en Espagne, augmentant les inégalités entre les étudiants et les difficultés économiques pour poursuivre leurs études.

Selon un rapport du syndicat CCOO (Confédération syndical de commissions ouvrières) sur l'évolution des prix publics du système universitaire espagnol entre 2011 et 2016, l'Espagne est un des pays européens les plus chers quant aux frais d'inscriptions à l'université. En effet, cette étude, réalisée à partir des données d'Eurydice (données européennes) et de celles du ministère de l'Éducation, montre que le prix d'une année de licence en Espagne est vingt fois plus cher qu'en Allemagne. Ainsi, pour s'inscrire en licence en Allemagne, les étudiants doivent débourser 50 euros en moyenne alors qu'en Espagne, ils doivent payer 1.100 euros. À titre de comparaison, la France demande elle en moyenne 184 euros, l'Italie 1.220 euros. Il faut également mentionner que certains États comme l'Autriche ou encore le Danemark ne font pas payer de frais d'inscription et qu'ils sont notamment connus pour être des pays où la qualité de l'éducation est particulièrement haute. 

On peut faire le même constat concernant les frais d'inscription en master avec des différences encore plus importantes puisque cette fois, le prix en Espagne (en moyenne 2.020 euros par an) est quarante fois plus cher qu'en Allemagne. Ainsi, au sein de l'Espace Européen des Études Supérieures (EEES) composé de 37 États, l'Espagne se classe à la neuvième place des pays demandant des frais d'inscriptions les plus chers pour la licence et à la huitième place concernant le master.

De manière générale, le coût des études a augmenté dans toute l'Espagne de 40% en huit ans  par la mise en place d'un nouveau système de prix en 2012 avec le décret royal de la loi des mesures urgentes pour la rationalisation des dépenses publiques, appliquée au domaine éducatif.

Toutefois, on s'aperçoit vite que les tarifs d'inscriptions universitaires sont très différents d'une communauté autonome à une autre, conséquence notamment de la mise en place de cette nouvelle loi. En effet, la Catalogne demande des tarifs trois fois supérieurs à ceux requis en Galice (respectivement la plus chère et la moins chère des régions d'Espagne).Cette même différence se retrouve au niveau des masters où le cursus le plus cher est une nouvelle fois situé en Catalogne pour 3.952 euros et le moins cher dans la région de Castille-La Manche (728 euros).

Parallèlement,  les aides de la part de l'État espagnol comme le système de bourse seraient insuffisants notamment vis-à-vis des autres pays européens: le montant octroyé à chaque étudiant s'est réduit (il aurait baissé selon le syndicat CCOO de 600 euros depuis 2012). 29% des étudiants espagnols reçoivent les bourses, classant l'Espagne à la quatorzième place dans l'EEES.

Ce manque d'aides expliquerait pourquoi l'Espagne n'attire pas plus d'étudiants étrangers. Par exemple, la France reçoit plus d'étudiants venant d'Amérique Latine que l'Espagne, notamment car l'État français prend en charge une partie du coût des études permettant à l'Hexagone de se situer parmi les pays les moins chers au niveau des frais universitaires. 

Source: lepetitjournal.com (mars 2017)
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