lundi 12 octobre 2026

François Ier, un Français de Madrid malgré lui

Trois siècles avant la création des premières institutions françaises de la capitale espagnole, Madrid accueillait déjà l’un des Français les plus célèbres de son histoire: un roi prisonnier. Il y a cinq cents ans, le roi de France a passé plusieurs mois à Madrid, non par choix, mais comme prisonnier de Charles Quint.

En 1525, François Ier est battu et capturé lors de la bataille de Pavie, dans le nord de l’Italie. Le roi de France tentait alors de conserver le duché de Milan face aux troupes de Charles Quint, roi d’Espagne et empereur du Saint-Empire.
Blessé et fait prisonnier, il est d’abord détenu en Italie, puis transféré en Espagne avant d’arriver à Madrid. Sa capture constitue un événement considérable, car, pour la première fois, le roi de France se trouve à la merci de son principal rival.
La tradition madrilène affirme que François Ier fut enfermé dans la Torre de los Lujanes, sur l’actuelle Plaza de la Villa. Une légende raconte même que la porte aurait été choisie pour sa faible hauteur, afin d’obliger le souverain français à s’incliner en entrant (le roi mesurait 1,98 mètre, ce qui en faisait un véritable géant à son époque).

François Ier n'a pas été enfermé dans un cachot. Il bénéficiait de conditions matérielles relativement confortables. Pour preuve, il a été  logé selon son rang, entouré de quelques serviteurs et autorisé à recevoir des visiteurs.

Pour obtenir sa libération, François Ier  a fini  par accepter la signature d’un traité, en 1526, qui implique de renoncer à ses ambitions en Italie, d’abandonner ses droits sur la Flandre et l’Artois et, surtout, de céder le duché de Bourgogne à Charles Quint. La garantie qu’il doit apporter est douloureuse : livrer ses deux fils aînés, François et Henri (le futur Henri II) comme otages. 

Toutefois, une fois revenu en France, François Ier refuse d’appliquer une grande partie du traité, qu’il estime signé sous la contrainte et reprend la guerre. Ses fils en paient le prix. Soumis à des conditions de détentions très rudes, qui affecteront leur santé psychologique, ils finiront par recouvrer la liberté quatre ans plus tard, après le paiement d’une rançon considérable de deux millions d’écus d’or, qu’on peut estimer aujourd’hui à environ 750 millions d’euros, si l’on se fonde sur la seule valeur actuelle de l’or qu’elle contenait.

Source:lepetitjournal.com

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